HISTORIQUE

LA COMBRAILLE

Aux confins de la Marche et du Bourbonnais, la baronnie des Combrailles, avec sa capitale Montaigut, est au Moyen Age un pôle historique important, point de rencontre à la jonction de plusieurs régions, en limite nord de la langue d'Oc; en limite, aussi, de l'influence des Bourbons. Ceux-ci jouent un rôle de tout premier plan au XIIIème siècle, arbitres royaux lors de la guerre sans merci que le livrent Guy IL Comte d'Auvergne, et son frère Robert, évêque de Clermont. En 1209, le roi Philippe charge en effet Guy de Dampierre, seigneur de Bourbon, de conquérir l'Auvergne en son nom. En trois ans, cent vingt châteaux retombent sous la coupe du roi de France. Le comte d'Auvergne demeure à Vic le Comte maître d'un petit territoire, la Comté, tandis que la "Terre d'Auvergne", avec sa capitale Riom, reste unie à la Couronne sous le regard vigilant des Bourbons, Guy de Dampierre puis son fils Archambault le Grand. Celui-ci repose, chevalier de pierre, en compagnie de son épouse Béatrix en l'abbaye cistercienne de Bellaigue, entre Marcillat et Montaigut.

 

MONTAIGUT CAPITALE DE LA COMBRAILLE

Au nord de la commune, deux bornes féodales délimitaient depuis la fin du XIllème siècle ou le début du XIVèrne les territoires d'Auvergne de ceux du Bourbonnais. L'une a été emmenée à Montluçon, l'autre est encore en place, à l'entrée du hameau de Montendreau. au bord de la route qui va de Montaigut à la Celle. Elles témoignent du partage de la vieille Combraille, en 1249. provoqué par le différend qui opposa Péronelle de Chambon à son neveu Guy. Comte d'Auvergne. La baronnie de Montaigut resta ainsi terre bourbonnaise, jusqu'à la Révolution, tandis que la châteilenie de Roche d'Agoux, Pionsat et la seigneurie des Ternes dépendaient des comtes d'Auvergne.
Les deux bornes féodales portent, gravées dans la pierre, d'un côté le blason des Bourbons avec ses trois fleurs de lys, de l'autre, celui du Guè, seigneurs des Ternes, avec "l'étoile à huit raies". L'un deux, Gilbert des Ternes, fut précisément capitaine gouverneur de Montaigut, de 1492 à 1510. . .
Depuis la route de Montluçon ou de Saint-Eloy, on bénéficie de belles vues d'ensemble sur la butte qui porte à son sommet les restes de l'ancien château, et, en contre bas, la vielle cité qui fut dotée d'un bailliage royal indépendant, bien protégée par ses bonnes murailles et son beffroi. Le château, avec ses hauts murs flanqués de quatre tours, son pont levis et ses fossés profonds, avait sûrement fière allure. il servit notamment en 1465, de repère à Jacques d'Armagnac, comte de la Marche en révolte contre Louis XI, qui n'osa forcer sa retraite...
il figure en bonne place parmi les places fortes appartenant au roi et démolies sur ordre de Richelieu. Monsieur le Voyer d'Argenson, intendant d'Auvergne, et Antoine de Murat, lieutenant de la Sénéchaussée de Riom, président, entre autres, à sa démolition le 12 juin 1633.
Il ne reste que quelques vestiges, remployés dans des maisons anciennes de Montaigut, et un site de toute beauté, un belvédère qui permet d'apercevoir, par temps clair, la chaîne des Puys qui borne l'horizon. Le beffroi, ou tour de l'horloge, fut parfois désigné sous le terme de 'donjon". Cette tour carrée, dotée d'épaisses murailles avec de très petites ouvertures, était certainement un élément important de la défense de la ville. Elle a été très restaurée, munie d'une horloge et d'une cloche sous un gracieux clocheton à campanille. C'est un peu le symbole .des libertés obtenues par les bourgeois de Mo,ntaigut, à l'instar des habitants d'autres "bonnes villes", concrétisées par une ch~e et des franchises accordées en 1230 par Archambaud, seigneur de Bourbon l' Archambault et de Montaigut. La ville garde sa structure ancienne, avec des maisons de caractère le long de ruelles qui gravitent entre l'église et le beffroi, portant les jolis noms de rues des éperonniers ou des cloutiers, des boucheries, du pont, ou du palais. La plus belle, incontestablement, est la maison de l'apothicaire, sur la place de l'église, à l'angle de la rue du pont.

 

MONTAIGUT HIER

Ce rebord ouest du plateau des Combrailles entouré de vallées profondes, a été densément occupé dès le néolitique. Il connut l'occupation Arverne, puis romaine dont il reste des traces d'aqueduc amenant l'eau jusqu'aux thermes de Néris-les-Bains.

L'origine du nom "Montaigut en Combraille" date de 1287 et vient de "mons acutus" qui veut dire "situé sur un monticule élevé".Les plus anciens seigneurs de Montaigut sont les Bourbons qui accédèrent au trône de France. Le premier sire connu de Montaigut fut Aimar ou Addémar en 913. Le dernier fut Louis Philipe Joseph, duc d'Orléans, de Chartres, de Montpensier né en 1747 mort en 1793. Mais le château avait été detruit en 1633.

Depuis 1698, la ville de Montaigut a ses armoiries enregistrées à l'Armorial général de France avec description : "d'Azur à la lettre M d'or, couronnée de même et accompagnée de trois fleurs de lys aussi d'or".

De cette riche époque restent des bâtiments inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

-Le beffroi : symbole des chartes et franchises obtenues en 1230, confirmées plus tard par François 1er. Le beffroi haut de 35m et tout en haut un campanile avec horloge et cloche appelée "Charlotte".
-La maison des apothicaires dite également maison des singes, date du XIIIe siècle, elle serait la plus ancienne de la ville avec une pierre d'angle représentant l'ancienne allégorie des apothicaires "des singes mangeant des feuilles d'acanthe".
-L'église : elle est de la seconde moitié du XIIe siècle de style roman auvergnat, elle abrite une statue de bois polychrome de notre Dame de Bonne Nouvelle (du XVIe siècle).

Au XVIIIe siècle, Montaigut affirme son originalité urbaine. Tous les corps de métiers, ou presque, sont présents : commerçants, artisans, professions libérales. A titre d'exemple, 5 chapeliers, 18 tisserands et 9 boulangers exercent dans la ville en 1767. 9 aubergistes logent hommes et chevaux à l'enseigne du Dauphin, du Lion d'Or, du Grand Monarque ou des Trois Pigeons.

En 1790, Montaigut obtint d'être un des chefs-lieux de distinct du département du Puy-de-Dôme.

Aujourd'hui elle demeure chef-lieu de canton.

A la fin du XIXe siècle, l'activité industrielle avec les mines de charbon de Saint-Eloy s'est développée au détriment de l'activité commerciale. Les mines fermées en 1977, la reconversion s'est faite difficilement et progressivement. Aujourd'hui l'activité essentielle réside dans les unités de moyenne dimension : ROCKWOOL (Isolation) sur Saint Eloy, LAVOILLOTTE (micro-métallurgie), SOCAMONT (spécialisée dans la chimie du caoutchouc comme sous-traitant des industriels du caoutchouc et a développé des produits propres en la matière des granulés caoutchouc pour sols sportifs et ludiques : seul fabricant français sur ce segment), les carrières de Brosse (granit rose).

DEMOGRAPHIE

1875 : 1657 habitants
1912 : 1881 habitants
1936 : 1498 habitants
1954 : 1708 habitants
1944 : 1753 habitants
1968 : 1681 habitants
1975 : 1558 habitants
1982 : 1509 habitants
1990 : 1272 habitants
Au dernier recencement,1168 habitants

En 1875, la population est uniquement rurale. En 1912, la population a doublé dans le canton. C'est alors que survient la Grande Guerre avec ses tristes hécatombes. Puis ce fut l'exode rural qui dépeuple la campagne où la natalité reste faible. Cette baisse de population continue en 1954. Le recencement de 1962 révèle que le bassin de Montaigut lui-même est atteint, malgré une natalité assez forte. L'exode rural est la cause de l'appauvrissement des campagnes. Les jeunes, une fois éduqués, s'en vont ailleurs lorsqu'ils sont en âge.

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